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 Survol de l'histoire de la chanson estudiantine

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Choko
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MessageSujet: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Jeu 22 Jan - 16:52

Nota: il s'agit de la retranscription du travail de recherche pour la passation du rang de Padawan à celui de Chevalier de Christophe Beruck, alias Choko, au sein de l’Ordre Folklorique des Jedis Guindailleurs. Ce travail contient des extraits de sources préexistantes référencées en fin de celui-ci. Il est a noter, pour la compréhension du dit texte, que celui-ci était introduit par une interprétation a capella de l’oratorium de Carl Orff, Carmina Burana.


J’espère que vous aurez reconnu, il s’agit de l’introduction de l’oratorium de Carl Orff, Carmina Burana. Mais qu’est-ce que cela a à faire avec nous, allez vous dire ? En fait, notre cher ami Carl s’est inspiré, pour écrire sa cantate, de 24 poèmes médiévaux tiré d’un recueil intitulé Carmina Burana, ce que nous pouvons traduire par « les chants de Beuern ». Celui-ci, découvert en 1803 dans l’abbaye de Benediktbeuren en Bavière, est la plus vieille compilation, réalisée entre 1225 et 1250, de chants profanes et religieux composés en allemand, français et latin par des goliards.

Qu’est-ce qu’un goliard ? Le goliard, mes chers amis, c’est le premier guindailleur ! Issus d’après leurs légendes du mythique évêque Golias, ces clercs itinérants, suivant leurs maîtres de ville en ville, écrivaient des chansons à boire et des poèmes satyriques, dénonçant les abus de l’Eglise et de l’Etat. Il est à noter qu’à l’époque, un étudiant, même s'il n'a reçu aucun ordre sacerdotal, est assimilé à un clerc car l’enseignement était dispensé par l’Eglise. Probablement issus du latin gula qui signifie gloutonnerie, les goliards étaient étudiants, principalement en théologie, et voyageaient d’université en université, qui commencèrent à fleurir vers la même époque.

Ils avaient leur folklore aussi : en se rendant à la messe de la Saint-Rémy par exemple, ils attachaient chacun un hareng à une cordelette qu’ils laissaient traîner derrière eux en procession, le jeu consistant à marcher sur celui du précédent sans se faire piétiner le sien. Dans certaines régions, on célébrait la fête de l'âne, lors de laquelle un âne vêtu d'un costume loufoque était mené jusqu'au chœur de l'église où un chantre psalmodiait une chanson en louange à l'âne. Lorsqu'il marquait une pause, le public devait répondre "Hi Han, Sire Ane, Hi Han". L'Université de Paris porta plainte :

"Prêtres et Clercs ... dansent dans le chœur habillés comme des femmes ... ils chantent des chansons légères. Ils mangent du boudin noir sur l'autel lui-même alors que le célébrant dit la messe. Ils jouent aux dés sur l'autel. Ils encensent avec de la fumée puante provenant de semelles de vieilles chaussures. Ils courent et sautent à travers l'église sans rougir de leur propre honte. Enfin, ils conduisent des chariots et des carrioles usés à travers la ville et ses théâtres et soulèvent les éclats de rire de leurs acolytes et des passants grâce à leurs représentations théâtrales infâmes remplies de gestes impudiques et de mots vulgaires et dévoyés.."

Ces protestataires, précurseur des critiques des abus de l’Eglise et cela à l’intérieur même de ses propres rangs, dénonçant par exemple la simonie (les abus financier faisant du spirituel un objet de commerce) et l’échec des Croisades. Evidemment, ils furent très mal vu par ses dirigeants. Tout au long du XIIIème siècle, ils furent l’objet de conciles : celui de Trèves en 1227 leur interdit de prendre part aux offices, en 1289 il fut décrété que "les clercs ne doivent être ni des jongleurs, ni des goliards, ni des bouffons" et en 1300, au concile de Cologne, il leur fut interdit de prêcher ou de s'engager dans le commerce des indulgences : les privilèges ecclésiastiques leur furent définitivement retirés. Bref, ce genre de protestation ne plaisait pas. Il faut dire que c’est assez compréhensible : détourner les ouvrages sacrés, notamment des textes de la Messe Catholique Romaine et des cantiques latins, pour les transformer en sujets profanes et satiriques dirigés contre l’Eglise, voire contre le Pape lui-même, n’était pas du goût de tous. Dans la société figée du Moyen-Age, les goliards faisaient figure de hors-la-loi et ne bénéficiaient d’aucune protection. C’est la raison pour laquelle ils portaient des habits de soldats ainsi que des armes. C’est dans la tenue militaire de ces étudiants vagabonds qu’il faut voir l’origine des flaus, les uniformes de parade des étudiants au XIXème siècle.

Ils chantent le vin, l'antimilitarisme, l'amour libre, le jeu et la débauche. Les poésies goliardes sont satiriques et sans pudeur: satire politique et religieuse, érotisme très direct et charnel, chansons à boire, complaintes sur la vie du clergé pauvre, glorification de l'hédonisme, reniement de l'éthique chrétienne. Comme je vous l’ai dit précédemment, les Carmina Burana sont une compilation de ces chants écrits du XIème au XIIIème s. par ces goliards, dont notamment Huon d'Orléans, Pierre de Blois, Gautier de Châtillon, Phillipe le Chancelier, Otloh de Ratisbonne et un auteur anonyme productif qui avait pour nom de plume « l’Archipoëte ». Elle comprenait 315 pièces, réparties en chansons religieuses ; chansons morales et satiriques ; chansons d’amour ; chansons à boire ; jeux religieux (c’est-à-dire des représentations théâtrales avec des passages chantés) et d’autres poèmes divers. En gros, il s’agit du premier chansonnier estudiantin!

Cet esprit contestataire que l’on retrouve ici de prime abord chez les étudiants en théologie, s’élargit aux étudiants en général, en cela facilité par l’apparition des universités, concentré de connaissances et lieux de tous les débats. Les chansons estudiantines se développèrent de plus en plus. Écrites en langue vulgaire, elles s’inspirent des chansons goliardiques en latin. Elles célèbrent le vin mais aussi plus généralement la bonne chère et la « bonne vie ». Le trouvère Colin Muset, au XIIIe siècle, est l’auteur de chansons de ce type.

La suite reste fortement liées à l’évolution du monde étudiant : vinrent d’abord les bourses (de bursa, porte-monnaie en cuir), communautés étudiantes faisant généralement bourse commune. Les boursiers étaient de joyeux drilles et l’ambiance était des plus gauloises. Les anciens et les plus fanfarons brimaient les plus faibles et les terrorisaient. Les beuveries duraient des journées entières et les professeurs faisaient au moins jeu égal avec leurs étudiants. Il n’est donc pas étonnant que les bourses furent une des premières victimes de la Réforme. Je fais ici une petite parenthèse au passage pour vous faire par que les bleus de l’époque étaient appelés par des noms dénigrants tels que pennales (de penna, petite plume), mulus (mule) ou fux (de fuchs qui signifie renard). De là, nous pouvons dire que, si le terme que nous usitons aujourd’hui fuchs maior signifie littéralement maître renard, le sens à lui attribuer serait celui d’être maître des nouveaux venus.

Après la désagrégation du système des bourses, de nouvelles associations d’étudiants indépendantes apparurent dans le courant du XVIe siècle: Les premières Landsmannschaften (de Landsmannschaft, regroupement de compatriotes) se formèrent dès 1615 dans la clandestinité. Elles étaient dirigées par un senior (de senior, plus âgé) qui était secondé par un consenior (de consenior, senior avec) ou par un professeur. Les Landsmannschaften eurent à cœur de cultiver le vocabulaire estudiantin: On employait les termes de "fux" et de "bursch" (boursier) en rapport avec le nombre de semestres et sans que cela ait de prime abord une connotation hiérarchique. Elles avaient un penchant prononcé pour les chants d’étudiants et c’est elles qui codifièrent les mœurs concernant la boisson et créèrent le comment, le recueil des règles prescrivant la manière de se comporter dans une société d’étudiants. Pourtant, ces Landsmannschaften ne furent pas à même de fonder des sociétés d’étudiants comme nous les concevons aujourd’hui. Les duels jouissaient d’une grande faveur dans leurs rangs. Ils étaient presque quotidiens et, souvent, des excès se produisirent. C’est principalement pour cette raison que les gouvernements réprimèrent sévèrement les Landsmannschaften à la fin de la guerre de Trente Ans en 1648. Elles ne disparurent pas pour autant, mais perdirent beaucoup de leur influence. Ces communautés existent encore de nos jours, l’intronisation des impétrants se faisant par des combats au sabre mensur jusqu’à ce que l’un des deux soit blessé.

Au début du XVIIIe siècle, les étudiants de l’université de Iéna, en Thuringe, commencèrent à se réorganiser en Landsmannschaften. Cette université fondée en 1558 comptait alors plus de 1000 étudiants, ce qui était considérable pour l’époque. C’est à Iéna qu’enseignèrent plus tard Fichte, Hegel, Schelling, Schlegel et Schiller. Ces organisations étaient structurées en un cercle fermé d’étudiants actifs appelé corona (de corona, couronne) et en un cercle plus large auquel appartenaient tous les étudiants originaires d’une même région. Elles mettaient l’accent sur le comment, bien qu’il ne fût fixé par écrit qu’à la fin du siècle. La plus haute sanction était le verruf (discrédit) appelé plus vulgairement Verschiss. On la prenait à l’égard des étudiants irrespectueux, mais elle pouvait aussi toucher des philistins (Personne grossière, insensible aux arts et aux lettres, aux productions nouvelles de la culture : c’est ainsi qu’on nommait les personnes ne fréquentant pas l’université). Si un étudiant se faisait attaquer, par exemple par des apprentis, et qu’il criait Burschen heraus!, chaque membre devait lui porter assistance arme à la main. Si un professeur était impopulaire, on lui infligeait un énorme charivari et, s’il était têtu, les membres des sociétés quittaient la ville, en dernier recours, ce qui pouvait avoir de graves conséquences économiques. Les Landsmannschaften essaimèrent dans toute l’Allemagne apportant avec elles leur comment. A la base, elles étaient interdites. Mais les universités durent trouver un terrain d’entente avec ces puissantes sociétés pour obtenir leur soutien lors des grandes manifestations. Plusieurs d’entre elles purent ainsi arborer leurs insignes au grand jour. En 1815, toutes les Landsmannschaften et tous les corps de Iéna se groupèrent en une société allemande de burschen appelée Burschenschaft (association de burschen) appelant à l’unité allemande.

Cet art d’être étudiant se propagea tout du long aux autres universités, car les étudiants voyageaient beaucoup à cette époque, d’université en université, afin de capter un maximum des savoirs de différents horizons. Ainsi, le chant se transporta à Leuven puis beaucoup plus tard à Bruxelles (en 1834), favorisant l’apparition de nouveaux chants en français, latin et flamand. Nos chansonniers s’enrichissent de ces chants venus d’étudiants d’Allemagne, de France et d’Angleterre. Mais ce n’est pas la seule source :

Nombres d’étudiants partirent en guerre, lorsque celle-ci frappa à leur porte, ce qui explique l’introduction des chants militaires qui veillaient à divertir les soldats entre deux batailles afin d’oublier, l’espace d’un instant, leur condition. Plus tard, le service militaire obligatoire en temps de paix renforça cette tradition. Les chants patriotiques et nostalgiques étaient de mise, mais ce furent surtout ceux relatant les aventures de filles aux mœurs légères qui étaient encouragées par les commandants : cela redonnait beaucoup de moral aux troupes et diminuait l’enclin aux pratiques homosexuelles lors de longues campagnes.

Les marins apportèrent aussi leur contribution, avec un répertoire de chansons dont, originellement, la principale fonction était de rythmer le travail d'équipe, pour synchroniser les efforts de chacun : chants à hisser, à virer, à pomper, à nager, à déhaler, chants de cabestans et de guindeau. Ils possèdent aussi de splendides chansons dites de gaillard d’avant.


Dernière édition par Choko le Jeu 22 Jan - 17:00, édité 2 fois
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Choko
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Jeu 22 Jan - 16:52

De même, les carabins (étudiants en médecine) et les médecins en général créèrent, lors de leurs fameuses salles de garde, nombre de chants qui vinrent étoffer notre registre actuel. La Salle de garde est l'endroit où se restaurent les internes et leurs invités, fossiles (chefs de clinique et praticiens hospitaliers), dinosaures (chefs de services et praticiens hospitaliers-professeurs des universités) ou externes. Cette salle est généralement très animée, et décorée de fresques souvent (mais pas nécessairement) grivoises caricaturant les membres de la salle de garde et/ou leurs chefs de service. Il est intéressant de connaître les règles qui y sont en vigueur car vous ferez rapidement le lien avec certaines de nos traditions folkloriques :

Un règlement a été créé pour donner un ton convivial en salle de garde. Tout contrevenant à ce règlement est susceptible d'être punie d'une « taxe » (gage), choisie par l'économe ou par la roue (les censor du coin). Les convives s'installent par ordre d'arrivée en « quinconce » (les tables sont disposées en U en partant de la table économale). Aucune place ne doit être laissée vacante. Ceci permet d'éviter que les convives ne se placent par service ou affinités, ce qui permet à tous de se connaître au sein de l'hôpital bien que les internes changent d'affectation tous les 6 mois. Les nouveaux arrivants saluent tous les convives par une tape sur le dos avant de s'installer. Ils rendent hommage de manière déférente à l'économe et à son ou ses économinette(s). Il est interdit de se lever sans l'autorisation de l'économe. Il est interdit de fumer avant que le café soit sur la table. Les termes médicaux, ainsi que les conversations religieuses et politiques sont proscrits, et donc taxables. Si un convive surprend un mot interdit, il est vivement encouragé à le dénoncer à l'économe (délation). Il le fera en faisant mine de ne pas le comprendre. Si doute il y a sur le caractère scientifique ou médical du mot, l'économe fait venir le cuisinier et lui demande s'il en connaît la signification. S'il la connaît, il s'agira d'une fausse délation qui est taxable. Seule l'équipe économale peut s'adresser directement aux cuisines. L'usage du tire-bouchon est interdit en salle de garde : toutes les bouteilles sont sabrées avec un couteau de table. De même, il n'y a pas de serviette (on s'essuie dans la nappe). Les applaudissements sont prohibés : un bon mot, un acte de panache sont récompensés par une battue. Les effets de ce règlement et les pouvoirs de l'économe cessent quand le café arrive sur la table. Les externes et invités ne sont pas taxables (c'est l'interne qui les couvre qui est taxé à leur place le cas échéant).

Les salles de garde sont un espace de liberté et de créativité où la pétulance et les audaces des récréations d'internes, dans leur remuante camaraderie, peuvent surprendre. Hormis les infractions au règlement tout y est permis. Les internes peuvent s'y moquer de leur chef de service en toute impunité car comme lors d'un carnaval, l'ordre du monde y est inversé. Les chansons paillardes y sont régulièrement à l'honneur

Dans la seconde moitié du XXème siècle, une nouveauté arriva au sein des études supérieures en même temps que la démocratisation de leur prix: la femme ! Cercles, ordres mixtes et sororités virent le jour, apportant leur touche personnelle : merci mesdemoiselles, sans vous ce monde serait resté beaucoup trop machiste ;-)

En Belgique, vers la fin de ce même siècle, le chant connu un déclin. Alors qu’il était autrefois entonné de pleine voix dans les cafés, il se fit de plus en plus rare. Les corporations et ordres chantaient, bien évidemment, mais ce n’était pas leur activité principale, et le caractère hermétique de la plupart empêchait l’accès aux chants estudiantin à la plus large majorité. C’est ainsi que l’on vit apparaître des organismes estudiantins quasi exclusivement chantants, du côté flamand d’abord, suivit par les francophone sur le modèle de leur prédécesseurs : les guildes étaient nées. Victime de leur succès, les premières guildes et leurs cantus furent rapidement imitées, chaque cercle voulant la sienne, mais bien souvent l’accent fut malheureusement mis sur le caractère bibitif de telles activités.

Finalement, il serait regrettable de clôre ceci sans évoquer les Tunas, ces groupements chantants étudiants espagnols, dont la tradition remonte au XVIème siècle. En 1538, une loi permis aux étudiants sans ressources de trouver pension dans les "Instrucciónes para bachilleres de pupillos ". Elles étaient, de par leurs caractéristiques, le refuge des soupistes, ces étudiants qui chantaient accompagnés d’instruments pour obtenir argent et nourriture. Les nouveaux (novatos), à cause de leur inexpérience, y étaient l'objet des moqueries et des farces des anciens. Un pupille se mettait donc sous la protection d'un ancien, qui se chargeait de le guider dans ses études (même si ces pensions n'étaient pas le lieu idéal pour suivre des études sérieuses) et de lui enseigner l'art goliard. En échange, le nouveau devenait le page de son "maître", permettant ainsi à ce dernier d'avoir un style de vie similaire à celui des étudiants riches. Une fois terminée sa période d'apprentissage, le "novato" atteignait à son tour le statut d'ancien bouclant ainsi la boucle et ainsi de suite jusqu'à nos jours. Actuellement, toutes les universités espagnoles ont une Tuna ainsi que certaines université du sud de la France.


Voici donc que fut dressé pour vous un historique sommaire du parcours de la chanson estudiantine : le sujet est vaste, les débats nombreux et les recherches à effectuer pullulent : il serait titanesque de tout relater ce soir. En espérant vous avoir intéressés, je vous remercie de l’attention et de l’intérêt que vous m’avez portés. Soyons fier de notre héritage et veillons à la continuité de cet esprit goliardique car l’étudiant a et doit toujours rester moqueur, dénonciateur et satirique afin de rester le garant d’un esprit critique qui lui permette de rire de tout et d’être heureux.


Pour l’Ordre Folklorique des Jedis Guindailleurs,

Christophe BERUCK, alias Choko


Sources:

http://distrituna.net/
http://www.hs-augsburg.de/~harsch/Chronologia/Lspost13/CarminaBurana/bur_cpo1.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_%28musique%29
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carmina_Burana
http://www.bide-et-musique.com/song/9219.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Goliard
http://www.staff.hum.ku.dk/hp/apercu/apercu7_00.htm
www.sarinia.ch/documents/dossierformation.pdf+associations+goliardiques&hl=fr&ct=clnk&cd=3&gl=be&client=firefox-a" target="_blank" rel="nofollow">http://64.233.183.104/search?q=cache:6J-zNwa67dgJ:www.sarinia.ch/documents/dossierformation.pdf+associations+goliardiques&hl=fr&ct=clnk&cd=3&gl=be&client=firefox-a
Sans oublier, bien sûr, tous les Vieux Cons qui continuent à faire vivre le folklore!

PS: l'auteur décline toute responsabilité quant aux fautes éventuelles que ce travail peut contenir. Il est demandé à toute personne voulant utiliser celui-ci de bien vouloir en mentionner les sources.
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matrik
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Jeu 22 Jan - 23:35

Merchi choko... Laughing Laughing Laughing
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Mer 4 Fév - 13:11

Choko a écrit:

Ils avaient leur folklore aussi : en se rendant à la messe de la Saint-Rémy par exemple, ils attachaient chacun un hareng à une cordelette qu’ils laissaient traîner derrière eux en procession, le jeu consistant à marcher sur celui du précédent sans se faire piétiner le sien. Dans certaines régions, on célébrait la fête de l'âne, lors de laquelle un âne vêtu d'un costume loufoque était mené jusqu'au chœur de l'église où un chantre psalmodiait une chanson en louange à l'âne. Lorsqu'il marquait une pause, le public devait répondre "Hi Han, Sire Ane, Hi Han".

La fête des fous, fête de l’âne, et autres paillardises du genre proviennent directement des bacchanales romaines. Les ecclésiastiques du Moyen Age y participent, se mettant à poil dans l’église, les nonnes s’habillant en homme (ce qui est une hérésie et la cause officielle du bucher de Jeanne d’arc !), etc.
Cela n’était en rien estudiantin, toutefois les étudiants reproduisant les fêtes qu’ils connaissent, plus leur côté ecclésiastique par leurs études, fit qu’ils participèrent sans doute à ce genre de chahuts ! Ce que tu indiques d’ailleurs.

Peux-tu me citer tes sources, stp ? Cette phrase pourrait m’ aider pour mon bouquin en cours où je traite du passé du folklore estudiantin.
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Mer 4 Fév - 13:15

Choko a écrit:

Dans la société figée du Moyen-Age, les goliards faisaient figure de hors-la-loi et ne bénéficiaient d’aucune protection. C’est la raison pour laquelle ils portaient des habits de soldats ainsi que des armes.
Je ne suis pas tout à fait d’accord sur ce point, même si en effet les clercs, et particulièrement les goliards n’étaient pas bien vus, ils ne faisaient certes pas figure de hors la loi !
Ils avaient des laisser-passer pour se rendre d’une université à l’autre afin de justifier de leur statut, et par conséquent, maintenir les privilèges leur donnant une quasi-totale impunité face à la justice du pays. La justice était en effet donnée par le recteur de l’université, et au pire, par un prélat (et même pas tous !).
Choko a écrit:
C’est dans la tenue militaire de ces étudiants vagabonds qu’il faut voir l’origine des flaus, les uniformes de parade des étudiants au XIXème siècle.

Là encore, il faut se garder de faire l’amalgame. Des messagers d’université, suppôts comme les clercs, avaient à charge de convoyer le courrier, mais aussi les biens envoyés par les parents à leurs rejetons. Ils s’assuraient d’une équipe d’hommes en armes dont on ignore la provenance. Il peut s’agir de mercenaires, comme d’étudiants quittant l’endroit et portant avec autorisation du recteur des armes pour se protéger. Car les décrets confirment que seul l’accord du recteur autorise les étudiants à porter les armes.
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Mer 4 Fév - 13:22

Choko a écrit:

Cet esprit contestataire que l’on retrouve ici de prime abord chez les étudiants en théologie, s’élargit aux étudiants en général, en cela facilité par l’apparition des universités, concentré de connaissances et lieux de tous les débats. Les chansons estudiantines se développèrent de plus en plus. Écrites en langue vulgaire, elles s’inspirent des chansons goliardiques en latin. Elles célèbrent le vin mais aussi plus généralement la bonne chère et la « bonne vie ». Le trouvère Colin Muset, au XIIIe siècle, est l’auteur de chansons de ce type.


Ce n’est pas complet : Les tunos par exemple (ils furent maîtres en la matière) par leur statut de clercs, avaient droit de loger dans les couvents le temps d’une nuit.
« L’Espagne a eu autrefois de nombreuses universités, pourvues de chaires de toutes sortes et de savants professeurs. Celle de Salamanque a été célèbre entre toutes : on y a compté jusqu’à dix-huit mille personnes jouissant des immunités universitaires. Parmi ces immunités, l’une des plus prisés était l’interdiction aux gens de justice de faire des perquisitions dans les maisons habitées par les maîtres et par les étudiants.
L’indépendance de ces établissements était telle qu’on les qualifiait de petites Républiques. Les étudiants intervenaient dans la nomination du recteur et des professeurs, et dans quelques détails de l’administration.
Beaucoup d’étudiant pauvres y menait une existence précaire, tantôt jouissant des bienfaits d’une bourse, tantôt vivant de petites places de toutes sortes, même de domesticité, aux joueurs se contentant des soupes distribuées dans les couvents.
Tandis que les étudiants pauvres, courtisaient les servantes d’auberges et les cuisinières, « qui les aident à vivre », ceux qui avaient la bourse mieux garnie s’éprenaient de jolies filles qu’ils avaient rencontrées à la promenade, dans une partie privée, où à l’ église. Les familles favoriser les rendez-vous, les familles favorisaient les rendez-vous, et la « bonne fortune » se terminait souvent par un mariage.
D’autres, qui étaient parvenus à échapper aux rets qui leur avaient été tendus, poursuivaient un « flirt « en règle avec les couventines.
Dans l’ancienne Espagne, les jeunes filles enfermées dans les couvents n’étaient pas toujours de mœurs austères. Les portes des cloîtres étaient rarement protégées, par leurs barreaux de fer, des entreprises galantes du dehors. On y tolérait des rapprochements qui feraient aujourd’hui scandale.
Les étudiants qui apportaient, sous leur vaste capa, des menues friandises, boîtes de confitures sèches, sucreries, flacons de ce vin del Santo, que récoltaient sur leurs coteaux arides les moines de l’Escurial, étaient sûrs de rencontrer bon accueil.
Tout en faisant honneur à la collation, on devisait, pendant de longues heures, avec les nonnes et leurs invitées ; et les conversations qui s’engageaient autour du brasero, dans la solennité des grands parloirs, roulaient quelquefois sur des sujets assez brûlants. On y discutait volontiers des questions de morale galante ;l’on se demandait , par exemple, ce qui vaut mieux, en amour, de la possession ou de l’espérance, et les jeunes religieuses n’étaient pas les dernières à dire leur mot.
Il fallut un éclat pour qu’intervint l’autorité ecclésiastique : en 1564, l’évêque de Lérida rendit un édit, interdisant l’accès des couvents de femmes aux étudiants âgés de plus de 14 ans, sous peine d’excommunication.
Ceux qui les fréquentaient, est-il besoin de le dire étaient des raffinés de perversité, ou des amateurs d’idylles romanesques."
Cette pratique, quoiqu’en allégée, n’est-elle pas citée dans le chant « la ceinture » ?
Donc il ne faut pas oublier la chanson d’amour pour draguer, la chanson paillarde étant un corollaire de fin de soirée… leur servait à conclure !!!

Source : • la série « mœurs intimes du passé » Dr Cabanes – éditions Albin Michel © 1954,
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Mer 4 Fév - 13:29

Choko a écrit:

Nombres d’étudiants partirent en guerre, lorsque celle-ci frappa à leur porte, ce qui explique l’introduction des chants militaires qui veillaient à divertir les soldats entre deux batailles afin d’oublier, l’espace d’un instant, leur condition. Plus tard, le service militaire obligatoire en temps de paix renforça cette tradition. Les chants patriotiques et nostalgiques étaient de mise, mais ce furent surtout ceux relatant les aventures de filles aux mœurs légères qui étaient encouragées par les commandants : cela redonnait beaucoup de moral aux troupes et diminuait l’enclin aux pratiques homosexuelles lors de longues campagnes.

Je constate que le texte portes trop d’attention au folklore germanique (sans doute par manque de sources, ce qui est parfois assez chaud à trouver... Moi j'en manque sur le folklore germanique ^^). Le folklore étudiant s’est imposé dès le XIVe s. lors du gros boum des universités naissantes (Leuven = 1475), et quoique le texte ne le dises pas, il laisse l’impression qu’il n’arrive chez nous que vers1800.
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Mer 4 Fév - 13:31

Voilà, j'en rajouterai sans doute au fur et à mesure de mes recherches...
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Choko
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   Mer 11 Fév - 17:06

Pour ce qui est des sources, je les ai mentionnées en bas de texte afin justement que celles-ci soient disponibles pour tous. Cela dit, pour le passage sur la fête de l'âne, la source n'est pas idéale car elle provient de l'article sur les goliards dans wikipedia.

Concernant ton intervention sur les tunos, ils sont pourtant mentionnés, bien que succinctement, dans l'exposé. Cela aussi pour préciser à nouveau que celui-ci n'est qu'un survol, renvoyant lui-même vers de nombreux sujets à explorer, ainsi:

*les traditions estudiantines en Belgique, France, Allemagne, Espagne;

*le statut et la condition estudiantine au travers des âges;

*l'importance pour la cohésion sociale, le désamorçage préventif d'envies de mutineries ou de contestation de l'autorité, voire même surtout de l'acceptation de la condition des militaires ainsi que dans la marine marchande ou militaire;

*l'impact socio-psychologique au sein de toute organisation, en particulier des associations estudiantines, de la chanson, des décorums, des idéaux proposés, de la tradition perpétuée;

*le rôle qu'a joué les différentes rivalités politique et culturelles entre le libéralisme et le catholicisme, les réformes linguistiques, l'accès aux études supérieures au plus grand nombre...

*le déclin du folklore et les pressions des instances universitaires sur celui-ci

*enzovoort...

Au plaisir,
Choko
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MessageSujet: Re: Survol de l'histoire de la chanson estudiantine   

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