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 Brabançonne

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matrik
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Localisation : Entre le Folklore et la Guindaille
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MessageSujet: Brabançonne   Mar 13 Mai - 13:30

En août 1830 les belges ne chantaient pas d’autres refrains patriotiques que « la Parisienne » et « la Marseillaise ». Jenneval un acteur français, originaire de Lyon, de passage en Belgique et le ténor flamand François Van Campenhout seront respectivement l’auteur originel et le compositeur de l’hymne national belge, d’abord intitulé « la Bruxelloise » puis « la Brabançonne ». Selon la légende l'hymne fut écrit durant une réunion au café L'Aigle d'Or. La musique et la chanson ont été jouées pour la première fois en septembre 1830.

Les paroles actuelles de la Brabançonne ne datent pas de la révolution belge mais de 1860 et ne furent pas écrites par Jenneval mais par Charles Rogier. Les paroles originelles composées par Jenneval, de son vrai nom Alexandre Dechez, à la fin août 1830 étaient à l’origine destinées à stigmatiser les pilleurs belges et à glorifier la sagesse du roi des Pays-Bas qui, s’il satisfait aux revendications belges, restera « père » des Belges et deviendra « l’exemple des rois ».

1ère version de la Brabançonne (fin août 1830) :

Dignes enfants de la Belgique
Qu’un beau délire a soulevé,
À votre élan patriotique
De grand succès sont réservés.
Restons armés que rien ne change !
Gardons la même volonté,
Et nous verrons refleurir l’Orange
Sur l’arbre de la Liberté.

Aux cris de morte et de pillage,
Des méchants s’étaient rassemblés,
Mais votre énergique courage
Loin de vous les a refoulés.
Maintenant, purs de cette fange
Qui flétrissait votre cité,
Amis, il faut greffer l’Orange
Sur l’arbre de la Liberté.

Et toi, dans qui ton peuple espère,
Nassau, consacre enfin nos droits ;
Des Belges en restant le père
Tu seras l’exemple des rois.
Abjure un ministre étrange,
Rejette un nom trop détesté,
Et tu verras mûrir l’Orange
Sur l’arbre de la Liberté.

Mais malheur, si, de l’arbitraire
Protégeant les affreux projets,
Sur nous du canon sanguinaire,
Tu venais lancer les boulets !
Alors tout est fini, tout change,
Plus de pacte, plus de traité,
Et tu verras tomber l’Orange
De l’arbre de la Liberté.

Après les « journées de septembre », et quelques semaines avant de mourir la tête arrachée par un boulet hollandais près d'Anvers, Jenneval modifia ses paroles pour condamner la campagne des Dix-Jours lancée par l’armée hollandaise contre l’indépendance de la Belgique. Il y flétrit l’image du Prince d’Orange et exalte les martyrs de la révolution.

2ème version de la Brabançonne (fin septembre 1830) :

Qui l’aurait cru ? …de l’arbitraire
Consacrant les affreux projets,
Sur nous de l’airain militaire
Un prince a lancé les boulets.
C’en est fait ! Oui, Belges, tout change,
Avec Nassau plus d’indigne traité !
La mitraille a brisé l’Orange
Sur l’arbre de la Liberté.

Trop généreuse en sa colère,
La Belgique, vengeant ses droits,
D’un roi, qu’elle appelait son père,
N’implorait que de justes lois.
Mais lui dans sa fureur étrange,
Par le canon que son fils a pointé,
Au sang belge a noyé l’Orange
Sous l’arbre de la Liberté.

Fiers brabançons, peuples de braves,
Qu’on voit combattre sans fléchir,
Du sceptre honteux des Bataves,
Tes balles sauront t’affranchir.
Sur Bruxelles, au pied de l’archange,
Ton saint drapeau pour jamais est planté,
Et, fier de verdir sans l’Orange,
Croît l’arbre de la Liberté.

Et vous, objets de nobles larmes,
Braves, morts au feu des cannons,
Avant que la patrie en armes
Ait pu connaître au moins vos noms,
Sous l’humble terre où l’on vous range,
Dormez, martyrs, bataillon indompté !
Dormez en paix, loin de l’Orange,
Sous l’arbre de la Liberté.

Les paroles actuelles ne sont nullement l'œuvre de Jenneval, elle ne datent que de 1860 et ont été modifiées sur ordre de Charles Rogier. D'abord pour atténuer les insultes envers le royaume des Pays-Bas avec lequel la Belgique était désormais en paix ; et ensuite pour faire accroire qu’avant la révolution de 1830, la Belgique existait déjà en germe, mais sous « domination étrangère » . On sait aujourd’hui que ces dernières affirmations sont des anachronismes car les différents États d'Ancien Régime qui composent aujourd'hui l'État belge n'avaient aucune prédestination déterministe à devenir un jour la Belgique ; et les régimes, même s’ils étaient « étrangers », n’étaient généralement pas ressentis comme tels mais, au contraire, restaient légitimes.

La musique de la Brabançonne a été si souvent modifiée par les arrangeurs que le ministre de la guerre belge, par un arrêté du 5 juin 1873, a prescrit aux musiques militaires d'avoir à se conformer à une partition arrangée par Bender, inspecteur des musiques de l'armée belge.

Un texte officiel de l'hymne national en néerlandais n'existe que depuis 1938.

Aujourd’hui, l’hymne, naguère chanté en toutes occasions, n’est généralement plus l’objet que de restitutions instrumentales. La raison en est, selon Anne Morelli, que la strophe de «l’invincible unité de la Belgique » est particulièrement malvenue dans un contexte où l’unité de la Belgique est elle-même menacée.

3ème version (1860) :

Après des siècles et des siècles d'esclavage,
Le Belge sortant du tombeau
A reconquis par son courage
Son nom, ses droits et son drapeau.
Et ta main souveraine et fière,
Désormais, peuple indompté,
Grava sur ta vieille bannière :
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Grava sur ta vieille bannière :
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Le Roi, la Loi, la Liberté !

Différentes commissions ont été chargées d'examiner le texte et la mélodie de " La Brabançonne " et d'en établir une version officielle. Une circulaire ministérielle du Ministère de l'Intérieur du 8 août 1921 décréta que seule la 4e strophe du texte de Charles Rogier devait être considérée comme officielle, tant en français qu'en néerlandais. Le voici :

Ô Belgique, ô mère chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras,
À toi notre sang, ô Patrie !
Nous le jurons tous, tu vivras !
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle :
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Le Roi, la Loi, la Liberté !



sources:
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Braban%C3%A7onne
http://www.arquebusiers.be/brabanconne.htm[img]
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